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5 ANS

5 ANS D'ACCÉLÉRATION

Ce qui a changé en cinq ans

Ils sont à nos côtés depuis la première édition. Nous leur avons posé trois questions :

  1. En cinq ans, qu’est-ce qui a vraiment changé dans votre métier sur le sujet bas carbone ?
  2. Quel est aujourd’hui le principal point de blocage pour passer à l’échelle ?
  3. Pourquoi venir au SIBCA en 2026 ?
Portrait de Sylviane Bourguet

Sylviane Bourguet

Directrice de l’Immobilier de l’État

Ce qui a changé

« Ces dernières années, la stratégie de l'État a évolué au fil des révisions de la Stratégie nationale bas carbone et de l'adoption du Plan national d'adaptation au changement climatique. . Concrètement, pour l'immobilier de l'État, nous sommes passés d'une doctrine centrée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la maîtrise des consommations à l'échelle du bâtiment à une approche plus globale, qui intègre davantage les enjeux de sobriété, de décarbonation à l'échelle des sites et les usages. Aujourd'hui, face à l'accélération du changement climatique et à la multiplication des crises, la transition de l'immobilier de l'État ne se limite plus à réduire les émissions de carbone : elle doit aussi pleinement intégrer les enjeux d'adaptation et de résilience. »

Le point de blocage

«  Le défi est de transformer un patrimoine de près de 97 millions de m², extrêmement divers par ses usages, son état et ses contraintes. La difficulté est désormais de conduire cette transformation, en conciliant performance environnementale, adaptation au changement climatique, résilience et continuité des missions de service public. Cela suppose de prioriser les investissements là où ils sont les plus nécessaires et auront le plus d'impact, de renforcer la connaissance du parc et d'accompagner durablement l'évolution des pratiques et des compétences. »

Pourquoi le SIBCA

« Le SIBCA est un lieu où se construisent les réponses aux défis de l'immobilier face au changement climatique. Pour la direction de l'immobilier de l'État, qui pilote la politique immobilière de l'État et accompagne la transformation du premier patrimoine immobilier de France, c'est l'occasion de partager les retours d'expérience issus de l'ensemble des territoires, de confronter les approches et d'accélérer la diffusion de solutions qui ont fait leurs preuves. C'est cette capacité à faire circuler les bonnes pratiques entre acteurs publics et privés qui nous permettra d'apporter des réponses plus rapides et plus efficaces aux défis climatiques. »

Portrait d’Emmanuel Desmaizières

Emmanuel Desmaizières

Directeur général, Bouygues Immobilier

Ce qui a changé

« Il y a cinq ans, la RE2020 n’en était qu’à ses débuts et le bas carbone était encore perçu comme un sujet d’innovation Aujourd'hui, l'ensemble de la chaîne de valeur a gagné en maturité et le sujet est devenu un critère structurant pour concevoir, financer et réaliser les projets immobiliers. Chez Bouygues Immobilier, nous avons fait le choix d'anticiper les évolutions réglementaires en nous situant en moyenne 18 mois en avance sur les prochaines exigences. Cette démarche nous permet de préparer l'avenir sans créer de rupture économique pour nos clients. Le bas carbone n'est plus une option : il fait désormais partie intégrante de notre métier et de notre responsabilité vis-à-vis des territoires.  »

Le point de blocage

« Les solutions techniques existent et nous avons désormais suffisamment de retours d’expérience pour savoir ce qui fonctionne.Le véritable défi consiste à créer les conditions économiques, réglementaires et opérationnelles permettant de généraliser ces pratiques à grande échelle. Dans ce contexte, les acteurs qui maîtrisent les savoir-faire techniques complexes sont les mieux placés pour répondre aux nouvelles exigences de l'immobilier et de la régénération urbaine. Réhabiliter, transformer la ville sur elle-même, réduire l'empreinte carbone tout en renforçant la résilience climatique demande une expertise de plus en plus intégrée. L'enjeu est désormais d'aligner l'ensemble de la chaîne de valeur pour accélérer collectivement cette transformation.  »

Pourquoi le SIBCA

« Le SIBCA est devenu en quelques années le rendez-vous pour partager ce qui fonctionne, débattre de ce qui reste à inventer et accélérer collectivement. Nous y parlons naturellement de décarbonation, mais aussi de plus en plus d'adaptation aux effets du dérèglement climatique, qui s'imposent désormais à tous les acteurs de la ville. Chez Bouygues Immobilier, nous travaillons ces deux dimensions ensemble, avec une même ambition : construire des lieux de vie qui soient à la fois sobres en carbone, désirables et capables de répondre durablement aux évolutions climatiques de nos territoires.  »

Portrait de Pierre-Yves Guice

Pierre-Yves Guice

Directeur général, Paris La Défense

Ce qui a changé

« En cinq ans, le bas carbone a définitivement cessé d’être une préoccupation de niche pour devenir un enjeu central de toute la chaîne de valeur immobilière. Le choix fait par Paris La Défense dès 2021 de se doter d’une raison d’être affirmant la bascule du quartier d’affaires dans l’ère de la transition écologique s’est vu validé et encouragé par une mobilisation collective inédite, traduite d’ores et déjà par la rénovation de plusieurs centaines de milliers de m² de bureaux obsolètes. »

Le point de blocage

« Il n’y a pas un seul point de blocage mais une multitude d’obstacles restant à surmonter pour que la décarbonation de l’immobilier devienne vraiment une évidence : la levée de certains freins techniques et réglementaires, l’ajustement des valeurs économiques dans l’immobilier de bureaux, ou encore la conviction des décideurs politiques (y compris bien sûr au plan international). Cela demande encore un travail de tous les instants. »

Pourquoi le SIBCA

« Le SIBCA a su en quelques années s’affirmer comme l’événement fédérateur de toutes les forces vives du bas carbone, mais aussi comme un rendez-vous de rentrée permettant de donner le ton des mois à venir. Paris La Défense y participera encore en 2026 avec grand intérêt. »

Portrait de Jean Jouzel

Jean Jouzel

Climatologue, président de Météo et Climat et parrain du SIBCA

Ce qui a changé

« À l’échelle planétaire, il y a, dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, de bonnes nouvelles, par exemple le développement rapide des énergies renouvelables en Chine et de mauvaises nouvelles, en premier lieu la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui s’est traduite par un nouveau retrait de ce pays de l’accord de Paris. »

Le point de blocage

« Les solutions pour atteindre la neutralité carbone existent. Elles sont bien documentées, mais difficiles à mettre en œuvre, voire impossibles en l’absence d’une solidarité sur le plan international. Le principal point de blocage est donc politique et il me semble vain d’espérer atteindre cette neutralité dans un monde en tension permanente tel que nous le connaissons aujourd’hui. »

Pourquoi le SIBCA

« J’émets avant tout un vœu par rapport à cette édition 2026 du SIBCA en formulant l’espoir que le « confort d’été » y prenne toute la place qu’il mérite après ces derniers mois marqués depuis mi-mai par des canicules à répétition. Cette notion a été trop longtemps oubliée par nos architectes, nos urbanistes et nos constructeurs. »

Portrait de Grégoire de La Ferté

Grégoire de La Ferté

Directeur général, CBRE France

Ce qui a changé

« Il y a cinq ans, la décarbonation était encore largement considérée comme un sujet de RSE. Aujourd’hui, elle est devenue un sujet de gestion immobilière à part entièreLe marché s’est fortement acculturé et l’ensemble des acteurs maîtrise désormais les principaux cadres réglementaires. Cette transformation a fait entrer la décarbonation dans tous les métiers de l’immobilier : acquisition, gestion d’actifs, transaction, rénovation, construction ou exploitation. Il devient de plus en plus difficile de construire une stratégie pérenne sans intégrer les enjeux environnementaux, réglementaires et énergétiques qui façonnent désormais le marché. »

Le point de blocage

« Le principal défi est désormais le passage à l'action. Les trajectoires sont connues et les investissements souvent identifiés, mais leur mise en œuvre reste complexe. et les investissements souvent identifiés, mais leur mise en œuvre reste complexe  La question n'est plus seulement de définir les CAPEX nécessaires, mais de déterminer quand les engager, comment les financer et comment coordonner efficacement l'ensemble des acteurs concernés. C'est d'ailleurs sur ces sujets de planification, d'arbitrage et de gouvernance que les propriétaires et investisseurs ont aujourd'hui le plus besoin d'accompagnement. Le financement reste également un enjeu majeur : les dispositifs d'aide peuvent soutenir la transition, mais un environnement économique plus favorable permettrait d'accélérer la réalisation des programmes de travaux. »

Pourquoi le SIBCA

« Parce que la transition bas carbone se construit avant tout par le partage d'expériences. Le SIBCA permet de découvrir des solutions concrètes, d'échanger sur les réussites comme sur les difficultés rencontrées et de mieux comprendre les approches mises en œuvre par l'ensemble de la filière. C'est aussi l'occasion de développer les collaborations nécessaires pour relever collectivement les défis qui restent devant nous. » »

Portrait de Julien Pemezec

Julien Pemezec

Directeur général délégué, Cogedim

Ce qui a changé

«  En tant que membre fondateur de BBCA, nous portions depuis longtemps la conviction que l'immobilier devait réduire massivement son empreinte carbone.Ce qui a changé en cinq ans, c'est que cette ambition est devenue une réalité opérationnelle. Chez Cogedim, nous avons déjà livré de nombreux bâtiments bas carbone et profondément transformé nos modes de conception, de construction et de choix des matériaux. Nous travaillons au quotidien pour proposer des logements abordables, bas carbone et de grande qualité. C'est tout le sens des 25 engagements pour la qualité pris par Cogedim, qui placent le confort, la santé, la durabilité et la qualité d'usage au cœur de la transition environnementale. »

Le point de blocage

« Le véritable défi est désormais de généraliser ces solutions sans renoncer à l'accessibilité du logement. Les avancées techniques sont là, les retours d'expérience aussi.L'enjeu consiste désormais à concilier durablement trois impératifs indissociables : un logement abordable pour les ménages, une performance carbone ambitieuse et une qualité d'usage irréprochable. Cette qualité doit d'ailleurs se réinventer : demain, un logement performant sera autant jugé sur sa capacité à limiter son empreinte carbone que sur sa capacité à protéger ses occupants des épisodes de chaleur. Décarbonation et adaptation doivent aller de pair, et pour y parvenir, toute la chaîne de valeur doit avancer ensemble : collectivités, investisseurs, industriels, entreprises et promoteurs. La décarbonation, lorsqu'elle est mise au service de la qualité de vie, crée davantage de valeur pour les habitants comme pour les territoires. Tout le monde est gagnant !  »

Le point de blocage

« Le SIBCA est devenu en quelques années un rendez-vous incontournable de la rentrée. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase : : il ne s'agit plus de démontrer que l'immobilier bas carbone est possible, mais de partager les solutions qui permettent de l'accélérer et de le déployer massivement. C'est précisément la vocation du SIBCA : réunir les acteurs qui construisent la ville de demain et favoriser les échanges entre ceux qui conçoivent, financent, réalisent et exploitent les bâtiments. Plus que jamais, l'enjeu est collectif : faire du bas carbone non seulement un impératif environnemental, mais aussi un levier de qualité, de désirabilité et de valeur durable pour les usagers »

Portrait de Guillaume Poitrinal

Guillaume Poitrinal

Associé fondateur, WO2

Ce qui a changé

« Tout. Il y a cinq ans, en immobilier d’entreprise, le bas carbone était un supplément d’âme, un argument de plaquette. Aujourd’hui, c’est un critère de location. Les grands utilisateurs ne signent plus un bail sans regarder l’empreinte carbone de leurs bureaux. Et nous avons prouvé l’essentiel : on construit aujourd’hui ultra bas carbone pour à peine plus cher, ces immeubles coûtent moins cher à exploiter, et ils se louent plus vite et plus cher. Malgré la crise du bureau, les immeubles ultra bas carbone trouvent preneur. Le débat est tranché. »

Le point de blocage

« Ni la technique, ni le prix. La France sait faire, à coût maîtrisé. Le blocage, c’est que le carbone reste quasiment gratuit. Tant qu’une tonne de CO₂ ne pèse rien dans un bilan financier, l’arbitrage, même s’il est court terme, se fait au moins-disant sur le prix de construction, rarement sur le coût complet. S’y ajoutent les freins de la peur : normes, assurances, qui traitent encore les techniques bas carbone comme une exception à justifier plutôt que comme une solution éprouvée. Rendons le carbone visible et cher, et le bas carbone normal et rapide à mettre en œuvre. Le reste ira très vite. »

Pourquoi le SIBCA

« Parce que c’est le seul endroit où toute la chaîne se parle : promoteurs, investisseurs, banquiers, utilisateurs, industriels, collectivités. Et aussi parce que le bas carbone peut offrir une porte de sortie à la crise du bureau : inventer des produits neufs ou restructurés, ultra bas carbone, qui rassemblent et favorisent la collaboration. En 2026, nous n’y venons plus vendre une idée, mais montrer des bâtiments livrés, occupés, mesurés, qui restent vivables en pleine canicule. Décarboner et adapter la ville, c’est le même chantier. Un salon comme le SIBCA sert à ça : donner à voir ce qui marche pour que cela se généralise. »

Portrait de Jean-Baptiste Rey

Jean-Baptiste Rey

Directeur général par intérim, EpaMarne-EpaFrance

Ce qui a changé

« Nous avons été le premier aménageur à s’engager en faveur de la construction bois, avec des projets livrés dès 2015 et un objectif de 30 % de notre production résidentielle dès 2016. Cet engagement a été renforcé dans notre Projet stratégique et opérationnel 2020-2024, puis réaffirmé dans notre nouvelle feuille de route. Nous sommes ainsi passés de la démonstration à la réplication : 10 000 logements intégrant des matériaux biosourcés ont été initiés par EpaMarne-EpaFrance, dont 7 700 labellisés, à un rythme de près de 1 000 logements par an. En 2025, nous étions toujours leader, avec 50 000 m² de nouveaux projets visant a minima un mix bois/béton. Fort de cette réplicabilité, le bas carbone est devenu incontournable avec la RE2020. Notre échelle de décarbonation intègre désormais tous les produits immobiliers : bureaux, locaux d’activités économiques, hôtels, parkings… Elle s’est aussi élargie au quartier, avec le déploiement systématique de la méthode Quartier Énergie Carbone (QEC), se traduisant entre autres par la labellisation BBCA Quartier de la ZAC des Hauts de Nesles à Champs-sur-Marne (2 300 logements, 50 % biosourcés). Ces succès ont convaincu nos partenaires locaux, qui portent à nos côtés la décarbonation comme véritable projet de territoire. »

Le point de blocage

« Dans un contexte immobilier difficile, l’enjeu est de garantir la faisabilité des projets d’aménagement, et c’est tout le sens de notre démarche, en dimensionnant nos prescriptions au plus juste, tout en tenant compte du marché local. Notre outil C3 (Carbone – Coût – Confort), lancé fin 2023, aide à transformer notre approche en recherchant, lot par lot, le meilleur compromis entre performance environnementale et viabilité économique. L’autre défi est la montée en puissance industrielle de la filière biosourcée : engagés au niveau « Or » du PACT2030 francilien de FIBOIS (actuellement dépassé avec une moyenne de 28,3 kg de matériaux biosourcés/m² SDP, soit 2,1 kt de carbone biogénique stocké), notre ambition est de sécuriser les approvisionnements, comme en témoigne notre convention avec Bois de France. »

Pourquoi le SIBCA

« Présents au SIBCA depuis l’origine, EpaMarne-EpaFrance font partie des premiers membres qui ont rejoint l’association BBCA, en 2015. Il est essentiel pour nous de soutenir les initiatives, comme nous l’avons fait en signant le Pacte francilien Bois-Biosourcés de 2020 et en contribuant au lancement du Booster Bois-Biosourcés. Nous venons partager des retours d’expérience concrets : 10 000 logements biosourcés, plusieurs projets primés au niveau national (« BIM-bois-Bepos », « Zéro carbone »…), un outil C3 opérationnel, etc. Nous assurons différents rôles pour décliner le bas carbone à toutes les échelles : prescripteur pour l’immobilier, maître d’ouvrage des espaces publics, facilitateur pour l’énergie et à l’origine d’une stratégie data centers. Nous venons également contribuer à la structuration des filières : depuis 10 ans, nous maintenons l’objectif de réaliser une majorité de notre production immobilière avec des matériaux biosourcés. Quant au hors site, c’est une nouvelle opportunité dans laquelle nous nous engageons pleinement : signature de la charte en 2023, 16 000 m² de logements initiés à Noisy-Champs (plus grande opération hors site en quartier de gare du Grand Paris), un tiers des consultations attribuées en 2025 et un objectif de 50 % à horizon 2030. Enfin, en intégrant la question clé des data centers, sur laquelle nous portons une stratégie exigeante d’intégration territoriale et de performance, cette édition 2026 confirme le rôle du SIBCA comme catalyseur indispensable pour mobiliser l’écosystème et accélérer la décarbonation à grande échelle. »