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5 ANS

5 ANS D'ACCÉLÉRATION

LES 5 ANS DU SIBCA : PAROLE À NOS PARTENAIRES

Notre grand entretien des 5 ans — Les 3 questions posées à nos partenaires :

  1. En cinq ans, qu'est-ce qui a vraiment changé dans votre métier sur le sujet bas carbone ?
  2. Quel est aujourd'hui le principal point de blocage pour passer à l'échelle ?
  3. Pourquoi venir au SIBCA en 2026 ?
Jean Jouzel

Jean Jouzel

Climatologue, président de Météo et Climat et Parrain du SIBCA

Réponse 1
« A l’échelle planétaire, il y a, dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique de bonnes nouvelles, comme par exemple le développement rapide des énergies renouvelables en Chine... « A l’échelle planétaire, il y a, dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique de bonnes nouvelles, comme par exemple le développement rapide des énergies renouvelables en Chine et de mauvaises nouvelles, en premier lieu la réélection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis qui s’est traduite par un nouveau retrait de ce pays de l’accord de Paris. »
Réponse 2
« Les solutions pour atteindre la neutralité carbone existent et sont bien documentées... « Les solutions pour atteindre la neutralité carbone existent et sont bien documentées mais difficiles à mettre en œuvre, voire impossible en l’absence d’une solidarité sur le plan international. Le principal point de blocage est donc politique et il me semble vain d’espérer atteindre cette neutralité dans un monde en tension permanente tel que nous le connaissons aujourd’hui. »
Réponse 3
« J’émets avant tout un vœu par rapport à cette édition 2026 du SIBCA en formulant l’espoir que le « confort d’été » y prenne toute la place qu’il mérite après ces derniers mois... « J’émets avant tout un vœu par rapport à cette édition 2026 du SIBCA en formulant l’espoir que le « confort d’été » y prenne toute la place qu’il mérite après ces derniers mois marqués depuis mi-mai par des canicules à répétition. Cette notion a été trop longtemps oubliée par nos architectes, nos urbanistes et nos constructeurs. »
Sylviane Bourguet

Sylviane Bourguet

Directrice de l’Immobilier de l’État

Réponse 1
« Ces dernières années, la stratégie de l'État a évolué au fil des révisions de la Stratégie nationale bas carbone... « Ces dernières années, la stratégie de l'État a évolué au fil des révisions de la Stratégie nationale bas carbone et de l'adoption du Plan national d'adaptation au changement climatique. Concrètement, nous sommes passés d'une doctrine centrée sur la réduction des émissions à une approche plus globale, qui intègre davantage les enjeux de sobriété, de décarbonation à l'échelle des sites et les usages. Aujourd'hui, face à l'accélération du changement climatique, la transition de l'immobilier de l'État ne se limite plus à réduire les émissions de carbone : elle doit aussi pleinement intégrer les enjeux d'adaptation et de résilience. »
Réponse 2
« Le défi est de transformer un patrimoine de près de 97 millions de m², extrêmement divers par ses usages... « Le défi est de transformer un patrimoine de près de 97 millions de m², extrêmement divers par ses usages, son état et ses contraintes. La difficulté est de conduire cette transformation en conciliant performance environnementale, adaptation au changement climatique, résilience et continuité des missions de service public. Cela suppose de prioriser les investissements là où ils sont les plus nécessaires et auront le plus d'impact, de renforcer la connaissance du parc et d'accompagner durablement l'évolution des pratiques et des compétences. »
Réponse 3
« Le SIBCA est un lieu où se construisent les réponses aux défis de l'immobilier face au changement climatique... « Le SIBCA est un lieu où se construisent les réponses aux défis de l'immobilier face au changement climatique. Pour la direction de l'immobilier de l'État, c'est l'occasion de partager les retours d'expérience issus de l'ensemble des territoires, de confronter les approches et d'accélérer la diffusion de solutions qui ont fait leurs preuves. C'est cette capacité à faire circuler les bonnes pratiques entre acteurs publics et privés qui nous permettra d'apporter des réponses plus rapides et plus efficaces aux défis climatiques. »
Emmanuel Desmaizières

Emmanuel Desmaizières

Directeur général, Bouygues Immobilier

Réponse 1
« Il y a cinq ans, la RE2020 n'en était qu'à ses débuts et le bas carbone était encore perçu comme un sujet d'innovation... « Il y a cinq ans, la RE2020 n'en était qu'à ses débuts et le bas carbone était encore perçu comme un sujet d'innovation. Aujourd'hui, l'ensemble de la chaîne de valeur a gagné en maturité et le sujet est devenu un critère structurant pour concevoir, financer et réaliser les projets immobiliers. Chez Bouygues Immobilier, nous avons fait le choix d'anticiper les évolutions réglementaires en nous situant en moyenne 18 mois en avance sur les prochaines exigences. Le bas carbone n'est plus une option : il fait désormais partie intégrante de notre métier. »
Réponse 2
« Les solutions techniques existent et nous avons désormais suffisamment de retours d'expérience pour savoir ce qui fonctionne... « Les solutions techniques existent et nous avons désormais suffisamment de retours d'expérience pour savoir ce qui fonctionne. Le véritable défi consiste à créer les conditions économiques permettant de généraliser ces pratiques à grande échelle. Réhabiliter, transformer la ville sur elle-même, réduire l'empreinte carbone tout en renforçant la résilience climatique demande une expertise de plus en plus intégrée. L'enjeu est désormais d'aligner l'ensemble de la chaîne de valeur. »
Réponse 3
« Le SIBCA est devenu en quelques années le rendez-vous pour partager ce qui fonctionne, débattre de ce qui reste à inventer... « Le SIBCA est devenu en quelques années le rendez-vous pour partager ce qui fonctionne, débattre de ce qui reste à inventer et accélérer collectivement. Chez Bouygues Immobilier, nous travaillons ces deux dimensions ensemble avec une même ambition : construire des lieux de vie qui soient à la fois sobres en carbone, désirables et capables de répondre durablement aux évolutions climatiques de nos territoires. »
Pierre-Yves Guice

Pierre-Yves Guice

Directeur général, Paris La Défense

Réponse 1
« En cinq ans, le bas carbone a définitivement cessé d’être une préoccupation de niche pour devenir un enjeu central... « En cinq ans, le bas carbone a définitivement cessé d’être une préoccupation de niche pour devenir un enjeu central de toute la chaîne de valeur immobilière. Le choix fait par Paris La Défense dès 2021 de se doter d’une raison d’être affirmant la bascule du quartier d’affaires dans l’ère de la transition écologique s’est vu validé et encouragé par une mobilisation collective inédite, traduite d’ores et déjà par la rénovation de plusieurs centaines de milliers de m2 de bureaux obsolètes. »
Réponse 2
« Il n’y a pas un seul point de blocage mais une multitude d’obstacles restant à surmonter pour que la décarbonation... « Il n’y a pas un seul point de blocage mais une multitude d’obstacles restant à surmonter pour que la décarbonation de l’immobilier devienne vraiment une évidence : la levée de certains freins techniques et réglementaires, l’ajustement des valeurs économiques dans l’immobilier de bureaux, ou encore la conviction des décideurs politiques. Cela demande encore un travail de tous les instants. »
Réponse 3
« Le SIBCA a su en quelques années s’affirmer comme l’événement fédérateur de toutes les forces vives du bas carbone... « Le SIBCA a su en quelques années s’affirmer comme l’événement fédérateur de toutes les forces vives du bas carbone, mais aussi comme un rendez-vous de rentrée permettant de donner le ton des mois à venir. Paris La Défense y participera encore en 2026 avec grand intérêt. »
Grégoire de La Ferté

Grégoire de La Ferté

Directeur général, CBRE France

Réponse 1
« Il y a cinq ans, la décarbonation était encore largement considérée comme un sujet de RSE... « Il y a cinq ans, la décarbonation était encore largement considérée comme un sujet de RSE. Aujourd'hui, elle est devenue un sujet de gestion immobilière à part entière. Le marché s'est fortement acculturé et l'ensemble des acteurs maîtrise désormais les principaux cadres réglementaires. Cette transformation a fait entrer la décarbonation dans tous les métiers de l'immobilier : acquisition, gestion d'actifs, transaction, rénovation, construction ou exploitation. »
Réponse 2
« Le principal défi est désormais le passage à l'action. Les trajectoires sont connues... « Le principal défi est désormais le passage à l'action. Les trajectoires sont connues et les investissements souvent identifiés, mais leur mise en œuvre reste complexe : la question n'est plus seulement de définir les CAPEX, mais de déterminer quand les engager, comment les financer et comment coordonner efficacement l'ensemble des acteurs. Le financement reste également un enjeu majeur pour accélérer les travaux. »
Réponse 3
« Parce que la transition bas carbone se construit avant tout par le partage d'expériences... « Parce que la transition bas carbone se construit avant tout par le partage d'expériences. Le SIBCA permet de découvrir des solutions concrètes, d'échanger sur les réussites comme sur les difficultés rencontrées et de mieux comprendre les approches mises en œuvre par l'ensemble de la filière. C'est aussi l'occasion de développer les collaborations nécessaires. »
Julien Pemezec

Julien Pemezec

Directeur général délégué, COGEDIM

Réponse 1
« En tant que membre fondateur de BBCA, nous portions depuis longtemps la conviction que l'immobilier devait réduire massivement son empreinte carbone... « En tant que membre fondateur de BBCA, nous portions depuis longtemps la conviction que l'immobilier devait réduire massivement son empreinte carbone. Ce qui a changé en cinq ans, c'est que cette ambition est devenue une réalité opérationnelle : chez Cogedim, nous avons déjà livré de nombreux bâtiments bas carbone et profondément transformé nos modes de conception. C'est tout le sens de nos 25 engagements pour la qualité, qui placent le confort, la santé et la durabilité au cœur de la transition. »
Réponse 2
« Le véritable défi est de généraliser ces solutions sans renoncer à l'accessibilité du logement... « Le véritable défi est de généraliser ces solutions sans renoncer à l'accessibilité du logement. Les avancées techniques sont là, les retours d'expérience aussi. L'enjeu consiste à concilier trois impératifs : abordabilité, performance carbone et qualité : cette qualité doit se réinventer : demain, un logement performant sera autant jugé sur sa capacité à limiter son empreinte que sur sa protection face aux fortes chaleurs. Toute la chaîne de valeur doit avancer ensemble pour créer davantage de valeur durable. »
Réponse 3
« Le SIBCA est devenu un rendez-vous incontournable de la rentrée. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase... « Le SIBCA est devenu un rendez-vous incontournable de la rentrée. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase : il ne s'agit plus de démontrer que nous savons faire, mais de le montrer à grande échelle. Venir au SIBCA en 2026, c'est confronter nos réalisations, partager nos réussites et faire front commun pour accélérer encore la transformation de nos villes et de nos logements. »
Guillaume Poitrinal

Guillaume Poitrinal

Associé Fondateur, WO2

Réponse 1
« Tout. Il y a cinq ans, en immobilier d'entreprise, le bas carbone était un supplément d'âme, un argument de plaquette. Aujourd'hui c'est un critère de location... « Tout. Il y a cinq ans, en immobilier d'entreprise, le bas carbone était un supplément d'âme, un argument de plaquette. Aujourd'hui c'est un critère de location. Les grands utilisateurs ne signent plus un bail sans regarder l'empreinte carbone de leurs bureaux. Et nous avons prouvé l'essentiel : on construit aujourd’hui ultra bas carbone pour à peine plus cher, ces immeubles coûtent moins cher à exploiter, et ils se louent plus vite et plus cher. Malgré la crise du bureau, les immeubles ultra bas carbone trouvent preneur. Le débat est tranché. »
Réponse 2
« Ni la technique, ni le prix. La France sait faire, à coût maîtrisé. Le blocage, c'est que le carbone reste quasiment gratuit... « Ni la technique, ni le prix. La France sait faire, à coût maîtrisé. Le blocage, c'est que le carbone reste quasiment gratuit. Tant qu'une tonne de CO2 ne pèse rien dans un bilan financier, l'arbitrage, même s’il est court-terme, se fait au moins-disant sur le prix de construction, rarement sur le coût complet. S'y ajoutent les freins de la peur : normes, assurances, qui traitent encore les techniques bas carbone comme une exception à justifier plutôt que comme une solution éprouvée. Rendons le carbone visible et cher, et le bas carbone normal et rapide à mettre en œuvre. Le reste ira très vite. »
Réponse 3
« Parce que c’est le seul endroit où toute la chaîne se parle : promoteurs, investisseurs, banquiers, utilisateurs, industriels, collectivités... « Parce que c’est le seul endroit où toute la chaîne se parle : promoteurs, investisseurs, banquiers, utilisateurs, industriels, collectivités. Et aussi parce que le bas carbone peut offrir une porte de sortie à la crise du bureau : inventer des produits neufs ou restructurés, ultra bas carbone, qui rassemblent et favorisent la collaboration. En 2026 nous n'y venons plus vendre une idée, mais montrer des bâtiments livrés, occupés, mesurés, qui restent vivables en pleine canicule. Décarboner et adapter la ville, c'est le même chantier. Un salon comme le SIBCA sert à ça : donner à voir ce qui marche pour que cela se généralise. »